Burundi: L’Etat responsable d’attaques sans précédent à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes

Au cours des deux derniers jours, la communauté des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes au Burundi a souffert d’une des atteintes les plus flagrantes aux droits et à la liberté de réunion pacifique, d’association et d’expression jamais vues dans l’histoire récente du pays, a déclaré East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project (EHAHRDP) dans un communiqué publié aujourd’hui. Les autorités gouvernementales du Burundi, avec l’ensemble des partenaires au développement bilatéraux du Burundi, l’Union Africaine, et toutes les branches de l’Organisation des Nations Unies, doivent prendre des mesures immédiates, adequates, décisives et coordonnées pour rétablir la paix et la primauté du droit dans le pays, et garantir les droits de tous les défenseurs des droits de l’homme.

Le dimanche 26 avril 2015, et le lundi 27 avril 2015, plusieurs centaines si ce n’est des milliers de citoyens burundais seraient descendus dans les rues de Bujumbura pour manifester contre la décision du parti au pouvoir CNDD-FDD de nommer le président Pierre Nkurunziza candidat pour un mandat présidentiel lors des prochaines élections. La Constitution du Burundi interdit au président Nkurunziza de se représenter pour un troisième mandat.

En fin de journée du lundi 27 avril, un porte-parole de la Croix-Rouge du Burundi cité par Associated Press a déclaré qu’au moins six personnes avaient été tuées dans des affrontements de rue avec la police.

En parallèle, les autorités burundaises ont orchestré une répression spectaculaire, coordonnée et sans précédent des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et des militants de la société civile.

Dimanche, au moins deux ministres ont visité les bureaux la Radio Publique Africaine (RPA) et Bonesha Radio à Bujumbura, interdisant les émissions liées aux manifestations. À compter de lundi après-midi, les autorités de l’État ont fermé de force les bureaux de la RPA à Bujumbura et à Ngozi, et EHAHRDP a reçu des informations crédibles signalant que les signaux radio étaient bloqués ou perturbés dans de grandes parties du pays.

Lundi matin, la police a fermé de force la Conférence de Presse Synergie Médias, qui se déroulait à la Maison de la Presse à Bujumbura.

Le meme Lundi matin , la police burundaise a de nouveau arrêté Pierre Claver Mbonimpa, le défenseur des droits de l’homme de renommée internationale, dans des circonstances apparemment violentes. Mbonimpa, qui a 67 ans et est en mauvaise état de santé. Ila été libéré pour des raisons médicales en Septembre 2014, après une énorme intervention internationale. Après son arrestation violente lundi, son lieu de détention était inconnu pendant plusieurs heures en dépit des tentatives menées par des activistes de la société civile pour le localiser. En 2014, Mbonimpa a été arrêté, suite à des accusations dénuées de tout fondement, pour avoir “porté atteinte à la sécurité de l’État”. Cette nouvelle arrestation, ainsi que la violence signalée des forces de police et la détention de Mbonimpa, a envoyé un message alarmant aux défenseurs des droits humains à travers le pays.

EHAHRDP a été informé que des mandats d’arrêt ont été émis contre au moins deux membres éminents de la communauté des defenseurs des droits de l’homme au Burundi. EHAHRDP a reçu et a pu vérifié tout au long de la journée de lundi des rapports inquiétants de défenseurs des droits de l’homme étant obligés de se cacher, de peur d’être arrêtés, ou faire face au pire.

Les risques qui pèsent sur les défenseurs des droits de l’homme au Burundi, ainsi que la population civile en générale , sont maintenant arrivés à des proportions critiques,” a déclaré le directeur de EHAHRDP Hassan Shire. “Au Nigeria, nous venons d’assister à la possibilité d’une transition démocratique et nettement pacifique en Afrique. La situation au Burundi est aujourd’hui à l’opposé. Pierre-Claver Mbonimpa doit être libéré immédiatement, les mandats d’arrêt contre les autres défenseurs des droits de l’homme doivent etre annulés, les stations de radio rouvertes, et les autorités de l’Etat doivent garantir un environnement propice à des rassemblements pacifiques “.

EHAHRDP fait appel au gouvernement du Burundi de:

1.) Libérer immédiatement et inconditionnellement Pierre-Claver Mbonimpa, et de e lever tout mandat d’arrêt émis àl’encontre d’autres défenseurs des droits de l’homme;

2.) D’aAutoriser immédiatement, et sans condition, la réouverture de toutes les stations de radio, garantir publiquement et explicitement le respect et la protection du droit à la liberté d’expression par le gouvernement et ses composantes militaires et sécuritaires;

3.) S’engager immédiatement et publiquement à assurer la gestion des réunions pacifiques légitimes à travers le Burundi, et en aucun cas permettre l’utilisation de force excessive ou létale;

4.) D’enquêter immédiatement sur toutes les violations des droits de l’homme contre les défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et d’autres citoyens burundais par la police et d’autres agents de sécurité.

EHAHRDP appelle également les partenaires de développement bilatéraux du Burundi, ses partenaires commerciaux, l’Union Africaine, la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples (actuellement en session, à Banjul, en Gambie), et toutes les branches de l’Organisation des Nations Unies à immédiatement et publiquement condamner les actions du gouvernement burundais et ses forces de sécurité. Une action coordonnée doit être lancée par toutes les parties prenantes afin de soutenir le rétablissement de la paix, la primauté du droit, la sécurité, et le respect des droits civils et politiques fondamentaux au Burundi.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Hassan Shire, Directeur Exécutif, East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project : [email protected] ou +256 772 753 753

John Foley, Responsable de la Recherche et du Plaidoyer, East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project: [email protected] ou +256 789 650996/ +44 7944 252 894

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